Les Mayrisch

Premiers collectionneurs d'art moderne au pays

Photo de Marcel Schroeder - juin 1958. Copyright Photothèque de la Ville de Luxembourg - Archives Mayrisch

L'esprit de Colpach

Par le passé, le château de Colpach fut en effet un haut lieu de rencontres du monde de la culture et des arts. Dans le domaine acquis en 1917 par le couple de philanthropes Aline et Emile Mayrisch(1), se côtoyaient d’illustres intellectuels issus pour nombre d’entre eux du monde littéraire, mais également de la science, de l’économie ou bien de la politique. Ont ainsi séjourné à Colpach le peintre Théo Van Rysselberghe, l’écrivain français André Gide et l’écrivaine allemande Annette Kolb, le psychiatre et philosophe allemand Karl Jaspers, l’homme de lettres français Jacques Rivière, l’éditeur et écrivain français Jean Schlumberger, le philologue allemand Ernst Robert Curtius ou encore l’écrivain et homme politique allemand Walter Rathenau. En ces instants historiques troubles où les questions nationalistes battaient leur plein, tous oeuvraient autour des Mayrisch à un esprit d’ouverture et de compréhension de l’autre. Emile Mayrisch, préoccupé par la réconciliation franco-allemande, reçu d’ailleurs le titre de docteur honoris Causa pour services rendus à l’entente des peuples. Le rayonnement européen apporté par cette famille luxembourgeoise fut nommé « l’esprit de Colpach » ; il est entretenu aujourd’hui encore par le Cercle des Amis de Colpach qui œuvre au rayonnement culturel du domaine de Colpach.

 


La collection Mayrisch

 

Amateurs d’art éclairés, les Mayrisch ont acquis dès le début du XXe siècle une admirable collection d’œuvres. A ce titre, on a pu les qualifier de premiers collectionneurs d'art moderne au pays. Essentiellement des œuvres post ou néo-impressionnistes, des principaux fondateurs du mouvement des Nabis, Pierre Bonnard, Maurice Denis et Édouard Vuillard ou encore des peintures des représentants du Pointillisme, Paul Signac, Henri-Edmond Cross et Théo Van Rysselberghe.

 

Les sculptures peuvent être admirées aujourd’hui encore dans le parc du château : une des plus célèbres pièces d’Aristide Maillol, sa « Pomone » dont on retrouve un exemplaire au Jardin des Tuileries à Paris, le « Centaure mourant » d’Antoine Bourdelle, « Le dernier Somali » de Georg Kolbe,  et « Le Réalisateur » de Charles Despiau commandé en 1928 par Mme Mayrisch en guise de monument funéraire pour le tombeau de son défunt mari.

 

Un modèle réduit de « L’âge d’Airain » d’Auguste Rodin datant de 1877 fondu chez Rudier ainsi que quelques beaux tableaux, notamment le célèbre portrait d’Emile Mayrisch peint par Théo Van Rysselberghe en 1912, se trouvent en dépôt au Musée National d’Histoire et d’Art.